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La commune
de Beuzec Cap Sizun
> LA PRESSE EN PARLE
 
Armor Magazine - Juin 1999
Le télégramme - 21/09/99
Le télégramme - 23/09/99
Ouest France - 27/09/99
Revue du Conseil Général 29 "Finistères"
> RETOUR EN ARRIÈRE
Pour mieux comprendre les raisons qui m'ont poussées à entreprendre un tel voyage, voici quelques explications. De part ma carrière de sonneur de cornemuse (Penn Soner du Bagad Beuzeg pendant 10 ans, sonneur au Bagad Kemper,…) j'ai beaucoup voyagé : l'Europe principalement il est vrai (Ecosse, Pays Bas, République Tchèque, Suisse, Belgique, Autriche, Allemagne, Portugal, Irlande, Espagne, Pologne, …) mais également sur d'autres continents (Gabon, Réunion, Maurice, Chine). Non seulement ces voyages m'ont donné envie de voyager toujours plus, mais ils m'ont permis également de rencontrer d'autres peuples et d'autres Bretons expatriés dans ces pays.


Au Gabon avec le Bagad Kemper, juin 1998
Mais ce ne sont pas là mes seuls voyages. Depuis 1993, j'ai réalisé des centaines, voire des milliers de tours du Monde … mais virtuels. En effet, à cette date là, j'ai commencé à " surfer " sur Internet. C'était les premiers temps du Web (le World Wide Web a été développé au Cern à Genève peu de temps auparavant) et je trouvais cela magique. J'étais à l'Université et on était à cette époque des privilégiés de pouvoir bénéficier de ces accès à Internet. D'un simple clic, je sautais d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre, et les milliers de kilomètres de distance volaient en éclat alors que je survolais la Terre via des tuyaux !
Ce sont ces deux types de voyage qui m'ont fait rencontrer de nombreuses personnes (et pas seulement virtuelles) et entre autre, de nombreux Bretons également. J'ai alors pris réellement conscience de cette force potentielle qu'est la diaspora bretonne. Certes, déjà des structures existaient pour essayer de fédérer les Bretons d'au-delà des mers, certes quelques initiatives se créaient çà et là pour vouloir réunir nos compatriotes. Mais rien de véritablement efficace à mon sens n'était mis en place.

De ce constat, et conscient de la puissance de l'outil Internet, je décidais de créer un serveur web entièrement destiné à la diaspora bretonne. Appuyé par quelques amis, je créais l'association An Tour Tan en juillet 1998 et le serveur Internet du même nom était inauguré quelques mois plus tard, en novembre plus exactement. Dès le début, le succès était au rendez-vous, succès qui s'est confirmé et amplifié lors du premier Cyber Fest Noz du 20 février dernier. Depuis, la consultation de ce nouvel outil est tous les jours un peu plus importante, et, parmi les nombreux services proposés, l'Annuaire des Bretons expatriés ne cesse de grossir.

Mais, comme pour contredire certains détracteurs, Internet n'est pas comme la Télévision, c'est-à-dire un nouveau média qui enfermera encore un peu plus les gens chez eux. J'ai déjà fait l'expérience : j'ai rencontré physiquement des personnes grâce à Internet. Ce sont des rencontres qui n'auraient jamais eu lieu autrement. Et je ne compte pas en rester là. C'est maintenant ces nombreux Bretons à travers la Terre entière que je veux rencontrer à travers ce Tour du Monde.

> LES BUTS

Ce Tour du Monde tel que je le prévois est tout sauf un voyage d'agrément. L'avion s'est véritablement démocratisé depuis ces dernières années, je ne prendrai pas la peine d'écrire ces lignes si j'envisageais ce voyage pour mon seul et propre plaisir. Certes, je pense prendre plaisir à réaliser ce grand voyage, mais le but véritable est tout autre. Je tiens à rencontrer ces Bretons des quatre coins de la planète car je veux me rendre compte par moi-même à quoi ressemble véritablement cette diaspora dont on parle tant. Je veux l'appréhender sous toutes ses formes, connaître les raisons qui ont poussé ces Bretons à faire leurs valises, savoir pourquoi ils veulent rester dans un pays étranger ou à l'inverse, savoir pourquoi ils veulent retrouver leur terre natale le plus vite possible. Je souhaite découvrir leur fibre bretonne, si elle existe. J'espère apprendre comment ils voient la Bretagne à des milliers de kilomètres et si cette vision a changé avec la distance.

Bref, je compte réaliser tout simplement des portraits de Bretons expatriés, en toute simplicité, avec leurs différences, qu'ils soient jeunes ou plus âgés, qu'ils soient partis depuis quelques mois ou depuis plusieurs générations, qu'ils soient ingénieurs ou artistes peintre, qu'ils habitent le Kuwait ou le Costa Rica, qu'ils aiment et défendent la Bretagne ou non.

> LE DOCUMENTAIRE TV

De ce tour du monde, je vais également réalisé un documentaire de 52 minutes pour la télévision produit par Spirale Production. J'espère faire ressortir dans ce film toute la problématique de la diaspora bretonne, et en particulier ce paradoxe qu'entretiennent tous les Bretons au-delà des mers : ne pas (pouvoir) rentrer au pays alors que leur désir en est très fort. Mais c'est aussi de mieux comprendre les raisons qui ont poussées de nombreux Bretons à s'expatrier en faisant moi-même cette expérience, savoir s'ils se sentent plus Bretons avec l'éloignement, apprendre comment ils s'intègrent dans leur pays d'accueil. A travers toutes ces questions auxquelles j'espère apporter beaucoup de réponses (mais aussi d'autres questions), ce film sera également le récit de mon périple et suivra l'itinéraire de mon voyage qui est pour le moins initiatique.

> COMMENT ?  
Mes contacts préalables sont déjà très nombreux. Il m'a été très facile d'avoir un grand nombre de personnes prêtes à m'accueillir lors de mes différentes escales. Ceci dit, j'espère également rencontrer d'autres Bretons sur mon passage. Les grandes distances se feront naturellement par avion, mais je compte bien utiliser le plus souvent les moyens de transport locaux, pour deux raisons principalement : tout d'abord, par souci d'économie mais ensuite, et surtout, pour découvrir les différents niveaux de confort des trains, bateaux, voitures, chevaux, dromadaires ou autres moyens utilisés pour se déplacer dans chacun des pays.
Accordéoniste en Pologne
Une rue en Pologne, août 1998
Les portraits que je réaliserai seront sous plusieurs formes. Grâce aux progrès technologique, je pourrai emporter du matériel photo et vidéo numérique ultra léger mais très performant. Ainsi, des reportages hebdomadaires seront réalisés et mis en ligne sur le serveur An Tour Tan. Des photos pourront appuyer les textes. Ces reportages seront envoyés par Internet via les Cyber Cafés ou via les autres points de connection de mes contacts. Une équipe relais en Bretagne sera mise en place pour soigner la présentation et s'occuper de la mise en page.
Ces reportages pourront être effectivement des portraits de Bretons rencontrés ici ou là, mais également mes coups de gueule ou mes coups de cœur des pays traversés, d'autres portraits des différents peuples côtoyés, des anecdotes nombreuses dans un tel voyage…
> LE COUP DE POUCE
Lors de mon voyage, j'aurais la chance de posséder le meilleur passeport du monde : ma cornemuse. Musicien depuis l'âge de 5 ans et demi, je joue de la cornemuse écossaise depuis mes 12 ans. Maintes et maintes fois, en sonnant avec cet instrument universellement connu, j'ai assisté à des écroulements en milles morceaux de pans entiers de murs d'incompréhension ou de timidité. Les sourires s'affichent, les langues se délient, et même si la barrière linguistique est là, les mains prennent la parole, les yeux des enfants s'ouvrent à n'en plus finir, et tous les regards s'en trouvent émerveillés, des plus petits comme des plus grands. Ma cornemuse est pour moi mon meilleur atout, elle me l'a déjà démontré par le passé. Je ne serai donc jamais seul.
Sur la Grande Muraille, mai 1999