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Les nuits se suivent et ne se ressemblent pas...
Article : Nicolas Gonidec
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Deux soirées sur le port de pêche... mais deux soirées
qui ne se ressemblent pas. Comme il fallait s'y attendre, la "Nuit du Port
de Pêche", habituellement très appréciée des
festivaliers, a fait le plein samedi 13 août en accueillant Soldat Louis.
En revanche, la soirée de clôture du dimanche 14 août n'avait
rien de comparable avec le rendez-vous de Gilles Servat l'an passé. Malgré
le plateau plutôt alléchant, le public n'a pas répondu à
l'appel et l'ambiance s'en est quelque peu ressentie.
Cette année, exceptionnellement pour le Festival Interceltique de Lorient,
le groupe Soldat Louis était accompagné samedi soir par une partie
du Bagad Brieg et les danseurs du cercle de Quimperlé. Durant plus de
deux heures de spectacle, 35 artistes se sont ainsi produits et les membre du
groupe ont fait vibrer la Nuit du Port de Pêche avec une belle énergie,
sur des rythmes rock et cornemuses. Alternant les grands standards de Soldat
Louis et les thèmes musicaux écrits spécialement pour les
cornemuses, les musiciens ont développé une chorégraphie
à la fois branchée et traditionnelle.
Fort en verbe et en images piquées d'embruns, riche de coups de gueule,
de cur et de bouteilles, l'univers de Soldat Louis est vaste et varié :
il y a les landes amères, l'immense océan, le grand ciel, et puis
les femmes de légende et les louches tavernes où l'on oublie sa
peine dans le scotch et la bière. Quoiqu'en disent certains, il s'agit
bien là d'un paysage poétique. Soldat Louis est de quelque part
et l'affirme d'une manière magistrale au-delà des clichés.
Qu'elle soit de Bretagne ou d'Irlande, de sel ou de sable, de terre ou d'océan,
la chanson est belle. Bonheur, sens de la fête et joie de vivre, exubérance
et poésie, émotion et folie, le groupe de flibustiers a fait escale
sur la planète celte. Quand nos soldats favoris chantent la romance des
marins du grand large, les spectateurs donnent la réplique et la soirée
n'en est que plus réussie.
Mais si le public s'est déplacé en masse pour cette Nuit du Port
de Pêche, il n'est pas revenu le lendemain pour la soirée de clôture,
qui testait également cette scène de plein air. Il y avait bien,
heureusement, les aficionados de Bates Motel ou de Susana Seivane, mais l'ambiance
de la veille manquait cruellement à ce rendez-vous à l'affiche
plutôt attrayante. Les groupes ont dû faire avec, et n'en ont que
plus de mérite. Après Rory Campbell et Llan de Cubel, qui ont
ouvert les hostilités dès 19h, les Bates Motel ont réveillé
les mouettes... Cet ensemble de rock celtique né dans les falaises de
Cornouailles en Grande-Bretagne tire son nom du motel diabolique de "Psychose"
d'Alfred Hitchcock. C'est effectivement un groupe diabolique par l'ambiance
que ses membres savent créer, par le look qu'ils se donnent, par leur
musique déchaînée : des cornouaillais dans le vent
du large...
C'est ensuite à Susana Seivane qu'est revenu l'honneur de clôre
définitivement ce Festival Interceltique 2005. Issue de l'une des plus
grandes familles du monde de la gaïta galicienne, elle a su gagner le respect
et l'admiration du public, sous l'aile de son grand-père et influencée
par les maîtres gaiteros. Elle joint à cet héritage remarquable
l'influence d'autres musiques et d'autres artistes, ce qui laisse transparaître
une grande fraîcheur et originalité à ses interprétations.
Sa dextérité, sa finesse technique et sa puissance d'émotion
assurent à ses uvres une richesse et une élégance
qui ne sont plus à démontrer aujourd'hui. Remarquée il
y a deux ans par le Bagad Kemper, elle a fait ses débuts en Bretagne
en participant à la création "Sud-Ar Su" au Théâtre
de Cornouaille à Quimper. Ce fut le point de départ d'une carrière
internationale qui l'a depuis menée aux quatre coins du monde. Encouragée
par Jean-Pierre Pichard, qui la programmera successivement au Stade de France
et au festival de Lorient, elle a donc refermé le grand livre de cette
35e édition. La boucle est bouclée.
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