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Elles fleurissent dans les champs en Bretagne : l'énergie éolienne a le vent en poupe...
 Mis en ligne le 12/09/2006


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Nécessité d’évoluer. Conscients des enjeux et des problèmes
climatiques et écologiques qu'entraînent les énergies fossiles
telles que le pétrole ou le charbon, les acteurs politiques comme sociaux
ne restent pas indifférents. On reconnaît aujourd'hui la nécessité
de changer nos habitudes envers les ressources énergétiques. Du côté
de la production, diverses orientations politiques sont apparues. Au niveau européen,
la France s'est engagée à produire 21% d'énergie propre d'ici 2010. A
l'échelle nationale, les objectifs sont fixés par la « loi de programme
sur la politique énergétique de la France » du 13 juillet 2005.
Et c'est dans ce cadre, qu'au niveau territorial, le Conseil Régional de
Bretagne a élaboré en 2004 un schéma éolien qui s'inscrit
dans le "Plan Energie pour la Bretagne" pour mettre en perspective les
enjeux de l'énergie éolienne en Bretagne. En parallèle à ces
initiatives politiques, les consommateurs peuvent aussi apporter une pierre à
l’édifice en régulant leurs habitudes de consommation énergétique.
Des associations se développent afin de sensibiliser l'ensemble de la population
sur les enjeux des ressources d'énergie, sur les modes de consommation à
adopter pour un avenir et un développement durable.
Notre région
représente le deuxième potentiel éolien de France, elle symbolise
donc une cible privilégiée en tant que territoire d'accueil pour les
projets éoliens. Mais avant de pouvoir voir le jour, les parcs et fermes
éoliens présents en Bretagne doivent passer par quelques étapes
techniques d'une durée moyenne de quatre ans. En premier lieu, il faut identifier
le site, faire des recherches cartographiques ainsi que des repérages de
terrain pour évaluer l'espace favorable au projet. Ensuite, il s’agit
d’établir le contact avec les élus locaux du territoire concerné
afin d'obtenir leur accord pour développer le projet. Il reste alors à
contacter le propriétaire pour lui louer ses terres. Une fois le développement
du projet terminé et toutes les autorisations obtenues, les éoliennes
peuvent être montées puis exploitées durant une quinzaine d’années
avant de ne se faire démanteler et recycler. C'est ainsi que les fermes éoliennes
de Goulien et Plouarzel (1999) ainsi que la centrale éolienne de Plouyé
(2002) ont été bâties et que les projets de Saint-Thégonnec
et Pleyber-Christ verront le jour. Actuellement, c'est à Cast que l'on
peut assister à l'étape de la construction d’éoliennes. Jacques
Trellu, agriculteur, a imaginé et élaboré ce projet du début
à la fin, pendant plus de cinq ans, et s'est récemment trouvé
un associé avec les Fonds d'Investissement de Bretagne. Il a fait appel
à l'entreprise Nordex pour implanter quatre éoliennes sur son terrain ;
sur la parcelle voisine, Émile Bihan fait de même. Au total, les
huit turbines produiront une énergie de 20 MW, de quoi alimenter 65% de
l'arrondissement de Chateaulin. Aujourd'hui, un nouveau décor est en train
de naître parmi les champs de Cast, paysage visible depuis les villes environnantes...
L'énergie
éolienne exploite l'énergie cinétique du vent convertie au moyen
d'aérogénérateurs en énergie mécanique ou en électricité.
Ainsi, les premières éoliennes sont en fait apparues dans l'Antiquité
avec les moulins à vent qui servaient et servent encore parfois aujourd'hui
à pomper l'eau, à meuler le grain. Les éoliennes industrielles
que l'on connaît actuellement sont, quant à elles, principalement utiliser
pour produire de l'électricité. Elles se composent d'une tour cylindrique
en acier de 60 à 100mètres de hauteur, d'une nacelle et d'un rotor composé
de trois pales de 30 à 45 mètres de longueur qui en tournant rapporte
l'énergie du vent. Ainsi l'énergie éolienne fait partie des énergies
dites renouvelables qui possède de multiples avantages. En effet, le
vent est une ressource gratuite, inépuisable et particulièrement abondante
en Bretagne. Limitant la production de pollution en évitant notamment le
rejet de CO2, elle constitue une énergie propre et durable pour l'avenir.
Cependant, sa production reste variable, il faut donc pouvoir l'anticiper pour
réguler son utilisation et ses réserves. Certains trouveront des reproches
à faire à ce type d'énergie. Le principal défaut qui ressort
à la destruction du patrimoine, une détérioration de la faune.
Toutefois, on peut s'interroger sur la validité de ces arguments en comparaison
avec le paysage actuel qu'offrent les poteaux électriques.
Aucune
énergie n'est parfaite. Mais il faut trouver des solutions pour un développement
durable, un avenir vivable. Chaque acteur que nous sommes possède ses habitudes
de consommation en matière énergétique. Mais chacun, en faisant
un effort peut contribuer à l'amélioration des ressources d'énergie.
En effet, la production nucléaire représente encore 89% de la production
électrique contre 11% pour les énergies renouvelables dont 1,7% pour
l'éolienne. Si sa part dans le bouquet énergétique apparaît
faible aujourd'hui, il en demeure pas moins qu'elle représente le secteur
qui connaît la plus forte croissance avec une hausse de 60% de production
d'électricité et un doublement de ses capacités d'installation
en un an. Un avenir prometteur pour cette énergie renouvelable qui semble
durable. Autant qu'en rapporte le vent… Hermeline Gouzerh |