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L'intégration des écoles bretonnes Diwan dans le service
public de l'éducation a eu chaud. Et, au-delà, le plan
de Jack Lang sur les langues régionales a reçu
un sévère avertissement. Le Conseil d'Etat a en effet
ordonné la "suspension de l'exécution" du protocole
d'accord.
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Celui-ci
avait été signé le 28 mai 2001 par le ministre
de l'éducation nationale, prévoyant le passage sous statut
public des établissements associatifs Diwan (2.609 élèves)
qui dispensent un enseignement du breton par "immersion",
c'est-à-dire dans tous les cours et lieux de vie de l'école,
des maths à la cantine, de la récréation au gymnase... L'ordonnance
de la juge des référés suspend également l'exécution des deux
textes réglementaires organisant cet enseignement par immersion.
A
l'annonce de la décision du Conseil d'Etat, Andrew Lincoln,
le président du mouvement Diwan, ne cachait pas sa "déception"
de voir ainsi mis à mal "l'énorme travail fait avec le ministère".
"Cette décision va jeter un froid en Bretagne, a présagé M.
Lincoln. L'opinion publique n'acceptera pas une remise en
cause complète. Et s'il faut mobiliser, croyez-moi, ce sera
massif et unitaire."
Le
même jour, rue de Grenelle, on mettait aussi en avant
la détermination ministérielle à faire aboutir ce projet.
"Cela ne change rien à ma conviction de fond, a fait savoir
Jack Lang. Et s'il y a un obstacle juridique, on le surmontera."
La
suspension de l'intégration des établissements Diwan dans
l'enseignement public a provoqué de vives réactions en Bretagne,
et c'est finalement toute la filière bilingue qui appelle
à manifester, samedi prochain, à Quimper, à l5 h, place de
la Résistance. Dans un communiqué commun, Diwan, Div Yezh
(parents d'élèves du public), Dihun (parents d'élèves du privé)
et l'UGB (enseignants), affirment que « les recours intentés
par le CNAL (Comité national d'action laïque), sont la manifestation
d'un mépris pour toutes les familles qui scolarisent leurs
enfants dans les filières bilingues, pour l'ensemble des Bretons
attachés à cet enseignement, pour le travail de centaines
de salariés enseignants et non-enseignants ».
Contestant
l'analyse du Conseil d'Etat, ils rappellent que les débats
parlementaires, lors du vote de l'article 2 de la Constitution
et de la loi Toubon sur la protection du français, « avaient
fait apparaître que les dispositions retenues ne visaient
en rien les langues régionales ». Ils s'étonnent également
que la juridiction administrative semble ignorer que « Diwan
scolarise par immersion depuis bientôt 25 ans, que ses enseignants
sont titularisés après inspection de l'Education nationale
depuis 10 ans, et que toutes les évaluations montrent des
résultats incontestables en français ».
DERNIERE MINUTE :
L'Assemblée Nationale a voté jeudi 8 novembre en faveur de
l'intégration dans l'enseignement public des personnels des
établissements scolaires Diwan, malgré la suspension du processus
par le Conseil d'Etat. Le vote des députés porte sur l'article
65 du projet de loi de finances 2002 qui prévoit un financement
pour le passage sous statut public à la rentrée de septembre
2002 des 194 personnels enseignants et non enseignants des
écoles bilingues Diwan.
Si
le Conseil d'Etat continue de s'opposer au projet actuel d'intégration,
M. Lang devra sans doute revoir sa copie en réduisant un peu
la part du breton face au français dans ces écoles. Mais il
ne serait pas question de toucher au projet global de relance
et de soutien du breton et des autres langues régionales à
l'école. « J'explore, avec Diwan, les voies de droit qui permettront
de trouver une solution. Et là où j'ai pouvoir, j'agis. Ainsi,
les postes prévus au budget sont préservés et la nouvelle
formation des maîtres devant enseigner le breton sont maintenus
», a indiqué Jack Lang.
La
réaction de B. Gestin, directeur de l'institut culturel
de Bretagne
Le
site internet des écoles Diwan
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