Juin 2001

 Le 20 juin 2001 :
La longue marche a porté ses fruits : les écoles Diwan passent sous statut public

Le 17 juin 2001 :
Réunification administrative de la Bretagne : rassemblement festif le 30 juin à Nantes

Le 10 juin 2001 :
Festival de Cornouaille : tous les détails sont sur le site internet


 

La longue marche de 24 ans a porté ses fruits :
Les écoles Diwan passent sous statut public !

Le ministre de l’Education nationale a donné lundi 28 mai dernier à Rennes le feu vert au passage sous statut public des établissements Diwan qui dispensent un enseignement en langue bretonne par immersion. Les modalités pratiques qui en découlent devraient être réglées au plus vite, très probablement avant la prochaine rentrée scolaire. Après des années d'investissement, Diwan a donc obtenu satisfaction.

Les mots étaient pesés et les phrases fortes sous les ors républicains de la préfecture de Région où une centaine de représentants des services de l’Etat, d’élus et de militants culturels bretons ont assisté à la signature par Jack Lang et Andrew Lincoln d’un accord, jugé « historique » par les deux parties, sur le passage des écoles Diwan sous statut public.

24 ans après l’ouverture de la première école où le breton est à la fois langue enseignée, langue d’enseignement et langue de vie scolaire, c’est une étape importante pour Diwan qui confie la gestion de ses classes à l’Education nationale en essayant de ne pas y perdre son âme...

Les propos du ministre de l’Education nationale devraient a priori effacer toute ambiguïté car, saluant d’entrée « la détermination et la pugnacité » de ceux qui ont maintenu vivante la langue bretonne, M. Lang s’est félicité d’accueillir dans l’Education nationale une nouvelle offre d’apprentissage des langues. Il a également rappelé que la reconnaissance de l’enseignement bilingue par immersion s’inscrit dans une politique déterminée de promotion « des langues de France », un terme qu’il préfère à celui un peu dévalorisant de « langues régionales ».

A Jack Lang qui notait que « la marche a été longue », Andrew Lincoln a répondu que cette façon d’accéder au statut public « respecte à la fois les traditions de la maison d’accueil et le parcours du voyageur ». Se plaçant dans la filiation des pionniers du « breton à l’école », dont les instituteurs laïques Yann Sohier et Armand Kéravel, le président de Diwan a remercié tous ceux qui avaient à un moment ou à un autre aidé Diwan à survivre, du légendaire « Un franc pour Diwan » au soutien des élus du « lobby breton ».

Tous deux ont souligné les richesses de la diversité culturelle. Rappelant que « la langue française reste l’épine dorsale de notre système d’enseignement », Jack Lang a dénoncé les « polémiques absurdes où on joue à se faire peur » tandis que Andrew Lincoln lançait un message « ferme mais fraternel » aux « Républicains qui ont peur » assurant que l’accueil de Diwan dans l’enseignement public « contribue au renouveau de la laïcité ».

Les dispositions de l’accord vont suivre désormais le cours de la procédure réglementaire. Les collectivités concernées (Région, conseils généraux, communes) vont être priées de délibérer par les préfets des quatre départements bretons (cinq avec la Loire-Atlantique) sur la prise en charge des nouveaux établissements publics, les « skolioù publik Diwan ». La création de postes publics d’enseignants sera inscrite dès la loi de finances 2002, avec éventuellement un reliquat en 2003, mais il est exclu « de laisser une école dans la nature ».

La convention additionnelle Etat-Région devrait faciliter financièrement l’intégration. « Tout est prévu pour que ce que nous décidons aujourd’hui devienne réalité dès la rentrée prochaine », a assuré Jack Lang.

Reste maintenant à chacun (administration, enseignants, parents d’élèves) à prendre de nouveaux repères. Ce ne sera pas toujours facile, mais quelques années de vie commune dans « l’antichambre de la loi Debré » devraient faciliter les choses...