"Il
n'y a pas de langues minoritaires, il n'y a que des langues et cultures
particulières qui font partie de notre richesse patrimoniale", a-t-il
ajouté en "regrettant" que la France n'ait pas pu ratifier la charte
européenne des langues et cultures régionales, à la suite d'un veto
du Conseil constitutionnel sur le sujet.
"Ce
plan est une anticipation concrète sur le terrain des engagements
que le gouvernement avait pris en souhaitant signer cette charte.
Le jour venu où nous pourrons enfin la ratifier, nous constaterons
que les faits ont précédé les textes", a-t-il dit. Depuis la rentrée
de septembre, le ministère recense 152.557 élèves du primaire, des
collèges et lycées publics ou privés sous contrat, qui reçoivent
un enseignement de langues et cultures régionales.
Pour
faire augmenter ce chiffre, répondant ainsi à une demande des familles
dans certaines régions à identité forte, le ministre veut faire
évoluer les réglementations. Le 3 mai, il demandera l'approbation
du Conseil supérieur de l'éducation (CSE) sur les projets de circulaires
qu'il a présentés mercredi. Dans chaque académie, l'élaboration
du plan pluriannuel de recrutement des enseignants permettra de
fixer les besoins en enseignants de langues régionales. Un concours
spécifique sera créé dès 2002 pour les professeurs des écoles.
Pour
répondre aux craintes des syndicats défenseurs de l'idéal laïque
de l'Education nationale, qui craignent de voir la création d'un
corps de fonctionnaires à plusieurs vitesses, le concours sera le
même pour tous mais comportera deux épreuves de plus pour les langues
régionales, l'une à l'oral et l'autre à l'écrit. Dans le second
degré, les CAPES spécialisés existent déjà. Le plus récent, en créole,
est en cours de mise en oeuvre. Au delà de la multiplication d'établissements
bilingues, où la langue régionale est enseignée à parité avec le
français, le plan encourage aussi la création d'établissements un
peu plus révolutionnaires, pratiquant "l'immersion", en pariant
sur un partenariat avec les collectivités locales.
| Dans
les premières années d'école (maternelle, CP), tous les cours
sont en langue régionale. Le français est introduit progressivement
durant le primaire. Arrivés en CM2, les enfants sont censés
pratiquer à égalité les deux langues. Jack Lang a salué cette
pratique pédagogique qui a "fait ses preuves". "Les écoles associatives
Diwan en Bretagne ont un nombre d'admis au bac aussi bon, sinon
meilleur que les autres", a-t-il dit. |

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Mais
l'immersion fait grincer des dents chez certains syndicats d'enseignants
et au sein du Comité national d'action laïque (CNAL), qui historiquement,
se sont battus pour la généralisation du français comme langue de
la République. "Nous ne voulons pas balkaniser la République", a
assuré le ministre en estimant que "si en d'autres temps, elle avait
été plus généreuse, des solutions privées n'auraient pas eu à se
développer pour répondre aux demandes des familles".
Les
écoles Diwan, en négociation depuis des mois avec le ministère en
vue d'une éventuelle intégration au sein du service public de l'Education
nationale, a tenu le week-end dernier son assemblée générale
ordinaire. Mais,
comme l’a fait remarquer Andrew Lincoln, le président, elle était
« extraordinaire quelque part ». Sur les 145 votants,
116, se sont donc prononcés pour le protocole d’accord intitulé
« propositions pour le passage sous statut public des établissements
Diwan pratiquant l’enseignement en immersion linguistique en langue
bretonne ».
17
se sont prononcés contre, 12 se sont abstenus. Certains auraient
souhaité que tout soit écrit avant de signer, d’autres ne se seraient
pas sentis habilités à aller plus loin que le mandat qu’ils avaient
reçu de leurs écoles. Le président a été mandaté pour signer le
protocole dans les jours qui viennent. Andrew Lincoln se propose
d’ailleurs d’inviter Jack Lang, ministre de l’Education nationale
à venir en Bretagne, l’intéressé ayant déclaré le 25 avril, jour
de la présentation du plan, qu’il serait « très heureux »
de s’y rendre.
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Le
mandat donné au président inclut, comme éléments substantiels
de l’accord, la mise en place d’un centre de formation aux
enseignements bilingues, l’élaboration d’un plan pluriannuel
de développement de l’enseignement bilingue ainsi que la publication
des aménagements réglementaires.
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Diwan
est particulièrement attentif à la création de cette structure.
Elle est en train d’affiner les chiffres avec d’autres associations.
La proposition serait plutôt de l’ordre de 50 postes d’enseignants
par an, alors que Diwan a plutôt déduit, de certains propos, que
l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) serait
sur une « fourchette basse » de 20 postes.
Une
rencontre, programmée, le 11 mai avec le directeur de l’IUFM Bretagne
devrait apporter quelques éclaircissements. Avec 80 % de voix en
faveur de la signature, l’association aborde les discussions à venir
avec les coudées franches. « Cette décision montre la résolution
avec laquelle Diwan rentre dans l’enseignement public, comme force
tranquille et puissante, qui répond à l’attente de la population ».