Novembre 2000

Le 27 novembre 2000 :
Art contemporain :
la fac de Quimper joue la "transparence"

 Le 13 novembre 2000 :
Nouvelle pollution en vue : 6.000 tonnes de produits chimiques en péril

Le 1er novembre 2000 :
Le chimiquier Ievoli Sun a coulé dans le Cotentin : observations rassurantes


 

Nouvelle pollution en vue au large du Finistère :
6.000 tonnes de produits chimiques en péril

Un cargo transportant des produits chimiques a lancé lundi 30 octobre un appel de détresse alors qu'il se trouvait au large de l'île de Batz (Finistère-Nord) par vent fort. L'appel de détresse a été lancé alors que forcissaient les vents qui ont touché les côtes atlantiques dans le courant de la nuit.


La préfecture maritime Atlantique, qui a reçu l'appel peu après 4h00, a dépêché sur zone le remorqueur de haute mer ''Abeille Flandre'' et un hélicoptère de type Superfrelon. A la préfecture maritime Atlantique à Brest (Finitère), l'officier de relations publiques Michel Vivier a dit ignorer dans l'immédiat la cause de l'avarie du navire et la nature exacte des produits chimiques transportés par le cargo.

L'Abeille Flandres a entrepris de remorquer le tanker battant pavillon italien, l'Ievoli Sun, en détresse à environ 80 kilomètres au nord du Finistère, tandis que les 14 membres d'équipage ont été hélitreuillés. L'Abeille Flandres, prépositionné à Ouessant, a été dépêché sur place est arrivé sur zone vers 9h30 et a engagé les opérations de remorquage du chimiquier, qui transportait 6.000 tonnes de produits chimiques (styrène, isopropyl et méthyl éthyl kétone).

Le navire peut transporter jusqu'à 7.300 tonnes, selon la compagnie Marnavi, propriété de la famille Ievoli. Les 14 membres d'équipage du navire ont été hélitreuillés vers 9h20, ''sains et saufs'', a indiqué la préfecture maritime dans un communiqué. L'équipe d'évaluation de la Marine constituée de deux officiers présents dans l'hélicoptère avaient en effet constaté ''l'état grave'' du navire qui avait signalé, vers 4h30 lorsqu'il avait envoyé son message de détresse, ''une faiblesse de structure et une voie d'eau dans son double fond''.

Une fois arrivé sur zone, l'Abeille Flandres a constaté pour sa part une petite pollution provenant de la cargaison de produits chimiques du bateau italien. Le tanker provenait du port de Fawley (Grande-Bretagne) et commençait sa descente vers la Méditerranée, où il devait rallier Bar, dans l'ex-Yougoslavie. Compte tenu des conditions de mer (creux de 6 à 7 mètres) et des vents soufflant en tempête, de la Vendée au Calvados, les autres moyens de secours restent en alerte sur leurs zones, a expliqué à l'Associated Press le capitaine de frégate Jean-Luc Thélot. Les vents ont soufflé fortement sur les côtes bretonnes, à partir du milieu de la nuit de dimanche à lundi.

L'alerte devait être levée à compter de la mi-journée, selon le centre régional Météo France de Saint-Jacques de la Landes, près de Rennes (Ille-et-Vilaine). La force de vent la plus forte (176km/h) a été enregistrée avant 7h lundi à Camaret, sur la presqu'île de Crozon (Finistère), 155km/h sur la pointe Saint-Mathieu. Les autres rafales enregistrées sur les côtes de l'Atlantique et de la Manche n'ont pas dépassé les 130km/h, s'élevant à 119km/h à Ploumanach (Côtes d'Armor) et 126km/h à la Hague (Manche), comme à Belle-Ile-en-Mer.

Les pompiers bretons sont intervenus plusieurs fois à partir du milieu de la nuit, essentiellement pour des arbres déracinés, des fils coupés et quelques inondations. Le syndicat CGT des marins de commerce et de la pêche de Brest a quant à lui reproché aux pouvoirs publics de n'avoir pris ''aucune mesure concrète'' de sécurité depuis le naufrage de l'Erika. ''Tout ce qui a été dit (en matière de sécurité maritime depuis le naufrage de l'''Erika'') n'est que mensonge, aucune mesure concrète n'a été prise'', déplore le syndicat dans un communiqué.

''Cette catastrophe dès la première tempête de l'hiver était prévisible, sauf pour les spécialistes parisiens'', a lancé Jean-Paul Hellequin, un représentant CGT qui avait mené pendant près d'une semaine un mouvement de colère des marins salariés des remorqueurs, en juin.