La préfecture maritime Atlantique, qui a reçu l'appel peu après
4h00, a dépêché sur zone le remorqueur de haute mer ''Abeille Flandre''
et un hélicoptère de type Superfrelon. A la préfecture maritime
Atlantique à Brest (Finitère), l'officier de relations publiques
Michel Vivier a dit ignorer dans l'immédiat la cause de l'avarie
du navire et la nature exacte des produits chimiques transportés
par le cargo.
L'Abeille
Flandres a entrepris de remorquer le tanker battant pavillon italien,
l'Ievoli Sun, en détresse à environ 80 kilomètres au nord du Finistère,
tandis que les 14 membres d'équipage ont été hélitreuillés. L'Abeille
Flandres, prépositionné à Ouessant, a été dépêché sur place est
arrivé sur zone vers 9h30 et a engagé les opérations de remorquage
du chimiquier, qui transportait 6.000 tonnes de produits chimiques
(styrène, isopropyl et méthyl éthyl kétone).
Le
navire peut transporter jusqu'à 7.300 tonnes, selon la compagnie
Marnavi, propriété de la famille Ievoli. Les 14 membres d'équipage
du navire ont été hélitreuillés vers 9h20, ''sains et saufs'', a
indiqué la préfecture maritime dans un communiqué. L'équipe d'évaluation
de la Marine constituée de deux officiers présents dans l'hélicoptère
avaient en effet constaté ''l'état grave'' du navire qui avait signalé,
vers 4h30 lorsqu'il avait envoyé son message de détresse, ''une
faiblesse de structure et une voie d'eau dans son double fond''.
Une
fois arrivé sur zone, l'Abeille Flandres a constaté pour sa part
une petite pollution provenant de la cargaison de produits chimiques
du bateau italien. Le tanker provenait du port de Fawley (Grande-Bretagne)
et commençait sa descente vers la Méditerranée, où il devait rallier
Bar, dans l'ex-Yougoslavie. Compte tenu des conditions de mer (creux
de 6 à 7 mètres) et des vents soufflant en tempête, de la Vendée
au Calvados, les autres moyens de secours restent en alerte sur
leurs zones, a expliqué à l'Associated Press le capitaine de frégate
Jean-Luc Thélot. Les vents ont soufflé fortement sur les côtes bretonnes,
à partir du milieu de la nuit de dimanche à lundi.
L'alerte
devait être levée à compter de la mi-journée, selon le centre régional
Météo France de Saint-Jacques de la Landes, près de Rennes (Ille-et-Vilaine).
La force de vent la plus forte (176km/h) a été enregistrée avant
7h lundi à Camaret, sur la presqu'île de Crozon (Finistère), 155km/h
sur la pointe Saint-Mathieu. Les autres rafales enregistrées sur
les côtes de l'Atlantique et de la Manche n'ont pas dépassé les
130km/h, s'élevant à 119km/h à Ploumanach (Côtes d'Armor) et 126km/h
à la Hague (Manche), comme à Belle-Ile-en-Mer.
Les
pompiers bretons sont intervenus plusieurs fois à partir du milieu
de la nuit, essentiellement pour des arbres déracinés, des fils
coupés et quelques inondations. Le syndicat CGT des marins de commerce
et de la pêche de Brest a quant à lui reproché aux pouvoirs publics
de n'avoir pris ''aucune mesure concrète'' de sécurité depuis le
naufrage de l'Erika. ''Tout ce qui a été dit (en matière de sécurité
maritime depuis le naufrage de l'''Erika'') n'est que mensonge,
aucune mesure concrète n'a été prise'', déplore le syndicat dans
un communiqué.
''Cette
catastrophe dès la première tempête de l'hiver était prévisible,
sauf pour les spécialistes parisiens'', a lancé Jean-Paul Hellequin,
un représentant CGT qui avait mené pendant près d'une semaine un
mouvement de colère des marins salariés des remorqueurs, en juin.