Novembre 2000

Le 27 novembre 2000 :
Art contemporain :
la fac de Quimper joue la "transparence"

Le 13 novembre 2000 :
Nouvelle pollution en vue : 6.000 tonnes de produits chimiques en péril

 Le 1er novembre 2000 :
Le chimiquier Ievoli Sun a coulé dans le Cotentin : observations rassurantes


 

Le chimiquier Ievoli Sun a coulé dans le Cotentin :
Premières observations rassurantes

Les observations aériennes ont permis de constater dans la journée du jeudi 2 novembre des traces de pollution légères sur la zone de naufrage du chimiquier italien Ievoli Sun, tandis que les résultats des diverses analyses se sont avérés rassurants.


Les opérations au large du Cotentin ont été perturbées toute la journée par les très mauvaises conditions météorologiques régnant sur la Manche. "La pollution reste mineure", a déclaré un porte-parole de la préfecture maritime de Cherbourg, après la publication des résultats et observations du jour. Il a toutefois ajouté qu'il fallait rester prudent. La ministre de l'Environnement, Dominique Voynet, a déclaré sur LCI qu'il serait "déraisonnable d'être absolument rassurant alors qu'il existe encore un risque sérieux pour l'environnement".

Le Premier ministre, Lionel Jospin, doit se rendre vendredi à Cherbourg, après une visite aux écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan. Le président RPR du conseil général de la Manche a, pour sa part, annoncé que sa collectivité portait plainte pour "détérioration de l'image" de son département. Le dossier a été confié à l'ex-ministre de l'Environnement, Corinne Lepage, qui défend déjà les communes du littoral atlantique souillées par la pollution causée il y a moins d'un an par le naufrage de l'Erika.

Les observations aériennes "n'ont mis en évidence que des traces de produits chimiques et d'hydrocarbures légers en surface s'étendant sur 40 mètres environ, et constitués en paquets d'environ deux m2", explique un communiqué de la préfecture maritime de Cherbourg. Il ajoute qu'une autre nappe, constituée de filaments en surface s'étendant sur une longueur de 3,6 km, a été repérée à l'est-nord-est de l'épave. "Il y a donc vraisemblablement eu polymérisation du styrène", un produit hautement toxique dont le chimiquier transportait une cargaison de 4.000 tonnes, dit le communiqué.

Le préfet de la zone de défense Ouest, Claude Guéant, a estimé que ces "produits blanchâtres" correspondaient à une "évolution du produit" et à la "neutralisation d'une partie des émanations". "Certaines nappes qui existaient ont disparu", a-t-il précisé. Il a attribué cette disparition à une dispersion des émanations provoquée par les vents puissants qui soufflent actuellement sur la zone. Les résultats des prélèvements atmosphériques effectués mercredi et jeudi sur la zone du naufrage de l'Ievoli Sun ont par ailleurs révélé des teneurs très faibles en styrène. "De trois à cinq km de l'épave, ces teneurs se situent entre 0,2 et 0,5 particule par million de particules", a expliqué Claude Guéant. "Ces teneurs sont tout à fait négligeables, extrêmement faibles et n'ont aucune conséquence sanitaire", a-t-il poursuivi.

Jean-Claude Gayssot et Dominique Voynet ont reçu dans la journée Christian Balmes, le P-DG de Shell France, l'un des affréteurs du cargo italien. Dominique Voynet a souligné que le président de Shell France entendait "assumer ses responsabilités" et qu'il avait "lancé le signal de la mobilisation générale pour examiner les possibilités d'un pompage rapide". Elle a dit que Christian Balmes avait le souci d'intervenir avant les grandes tempêtes d'hiver. "Je ne suis pas sûr que cela soit possible. Il a pris note de notre inquiétude et nous répondra dans les jours à venir", a expliqué Dominique Voynet.

Les premières images obtenues par sonars sont très imprécises. Elles montrent que l'Ievoli Sun est resté d'un seul tenant après son naufrage au large de la Hague et se trouve couché sur le flanc gauche. Aucune brèche importante n'a pu être décelée par ces investigations. Un navire scientifique de l'Ifremer devrait également, si les conditions météorologiques le permettent, procéder à des prélèvements de crustacés et de poissons afin d'évaluer l'impact des rejets en mer de l'Ievoli Sun sur la faune.