Mai 2000

Le 08 mai 2000 :
Dynamique culturelle bretonne : associations d'art et de tradition populaire

 Le 08 mai 2000 :
Attentat du Mc Donald's de Quévert : les Bretons condamnent la violence

Le 08 mai 2000 :
4.000 personnes au Pavillon de Penvillers : Skolvan en poupe...

Le 08 mai 2000 :
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Attentat du Mc Donald's de Quévert :
Les Bretons endeuillés condamnent la violence

Suite à l'attentat du McDonald's de Quévert, situé à la périphérie de Dinan, le 19 avril dernier, le Conseil culturel de Bretagne et les différentes associations bretonnes condamnent cet acte gratuit.

Rappelons que l'explosion avait causé la mort d'une jeune employée de 28 ans, Laurence Turbec, domiciliée à Trélivan. L'attentat n'a toujours pas été revendiqué, mais les gendarmes ont d'ores-et-déjà arrêté les principaux dirigeants de l'Armée révolutionnaire bretonne (ARB), autour desquels l'étau se resserre de plus en plus chaque jour. En tout cas, c'est la première fois en Bretagne que ce type d'action autonomiste coûte la vie à quelqu'un.

Il est tout juste 10 h ce mercredi 19 avril. Le restaurant McDonald's de Quévert, situé sur le parking du centre commercial Le Chêne, à la périphérie de Dinan, a ouvert ses portes voici une demi-heure. Cinq clients, trois adolescents et deux adultes, prennent leur petit déjeuner tandis que deux employés, arrivés à 7 h pour préparer l'ouverture, s'affairent à l'intérieur. Le premier travaille dans la salle du restaurant. La seconde employée, Laurence Turbec, manager chef d'équipe, se trouve à proximité, sas d'accès situé à l'arrière droit du McDo.

C'est là, à l'extérieur du restaurant, que l'explosion retentit vers 10 h 10. La déflagration sera entendue par un automobiliste, occupé à faire le plein de son véhicule à la station-service de la grande surface Stoc. Les responsables du magasin entendent eux-aussi la déflagration et se rendent sur les lieux avant d'alerter les pompiers et la gendarmerie de Dinan. Les clients présents dans le restaurant et le premier employé, non blessés, se sont déjà regroupés et s'aperçoivent alors de l'absence de Laurence Turbec. Le corps de la victime sera retrouvé dans un buisson par une jeune femme pompier de Dinan.

Employée depuis un peu plus de deux ans au McDonald's, la jeune femme de 28 ans était domiciliée cité des Genêts à Trélivan, commune située à 1,5 km de Dinan. Unanimement appréciée de ses collègues, elle l'était aussi des enfants avec qui elle fêtait régulièrement les anniversaires. Célibataire, sans enfants, elle travaillait souvent avec sa jeune sœur Laëtitia, également salariée au McDo de Dinan.

Le Conseil culturel de Bretagne a réagit presque immédiatement. « Les Bretons sont bouleversés, indignés, écœurés par un acte fou et monstrueux. Un acte monstrueux parce que ôter la vie au nom d'une idée, quelle qu'elle soit, est contraire au sentiment profond des Bretons, est-il écrit. Les soussignés appellent ceux qui se sont fourvoyés dans la violence, quels qu'ils soient et quelles que soient leurs motivations, à cesser immédiatement leurs exactions. L'identité bretonne, plurielle, ouverte et tolérante, est le bien commun de tous les Bretons, d'origine ou d'adoption. Cette identité ne pourra vivre et s'enrichir que dans un cadre démocratique qu'anéantit le recours à des actions violentes. »

Parmi les signataires de cet appel figurent notamment les noms de Fulup Ar Gov (vice-président de Diwan Breizh), Yann Choucq, Jean-Louis Latour (président du Conseil culturel de Bretagne), Christian Troadec, Alan Stivell, etc. Les signataires ont par ailleurs appelé « à se rassembler dans la dignité en un lieu symbolique, la place du Parlement de Bretagne, à Rennes, pour affirmer que la Bretagne, c'est la vie ».

De son côté, Tangi Louarn, président de Ti ar Vro, s'est déclaré profondément choqué par l'attentat de Quévert. « Tous les Bretons sont unanimes pour condamner toutes les actions violentes, pour dire que cela suffit, que cela doit cesser », a-t-il expliqué. « En tant que défenseurs de la culture bretonne, nous nous sommes diamétralement opposés à ce genre d'action qui ne peut que contribuer à détruire tout le travail constructif réalisé par le mouvement culturel breton. Les personnalités culturelles et artistiques ont été révoltées par cet attentat. Mais cette indignation ne date pas d'hier ! »

« Dans sa totalité, le mouvement culturel breton reste profondément choqué et rejette toute forme de violence. Car cela donne une image négative de la Bretagne et se situe aux antipodes de la réalité de notre région avec sa vitalité culturelle et son dynamisme économique. Il faut continuer à travailler dans le cadre de la démocratie qui, sans être parfait, reste perfectible. »