Avril 2000

Le 17 avril 2000 :
Dynamique culturelle bretonne : les éditeurs en langue bretonne

 Le 17 avril 2000 :
Ouverture de la chaîne TV Breizh : la gratuité au service de 4 millions de Bretons

Le 17 avril 2000 :
Bel avenir pour l'emploi en Bretagne : plus de 4.500 postes à pourvoir en 2000

Le 03 avril 2000 :
Blessures, risque d'amputation : Jo Le Guen abandonne sa traversée


 

Ouverture de la chaîne « TV Breizh » :
La gratuité au service de 4 millions de Bretons

Annoncée pour octobre 1999, TV breizh devrait ouvrir l'antenne début aout 2000. Patrick Lelay, patron de TF1 et initiateur du projet, avance des délais techniques incompressibles pour expliquer le retard de sa chaîne bilingue fançais-breton. Ce report ne serait donc pas une affaire de gros sous, Patrick Lelay assure que le tour de table est bouclé.

Le capital - 200 millions de Francs - est donc là, avec parmi les actionnaires des capitaines d'industrie bretons comme François Pinault (Fnac, Printemps, La Redoute) ou Daniel Roullier (Groupe Roullier, industrie chimique et agroalimentaire à Saint-Malo), mais aussi des investisseurs plus « exotiques » tels Jean-Claude Darmon, le patron de la régie publicitaire Mediafoot, Silvio Berlusconi, le président du groupe audiovisuel privé italien.

Qu'est ce qui motive Patrick Lelay ? Breton pure souche né à Saint-Brieuc, le président de TF1 n'a jamais caché sa passion pour la Bretagne. Un militantisme qui passe aujourd'hui par la sauvegarde de la langue bretonne. Les programmes seront diffusés sur deux canaux, l'un en breton, l'autre en français. La chaîne sera émise par câble ainsi que sur les bouquets satellitaires CanalSatellite et TPS. Son accès sera gratuit (hormis les abonnements aux opérateurs satellites ou cable), au contraire de ce qui avait été annoncé il y a un an.

De plus, dans le cadre de la mise en place du numérique terrestre, Patrick Lelay compte obtenir une fréquence hertzienne. Au total, TV Breizh vise les 4 millions de Bretons habitant la région historique et autant de la diaspora. TV Breizh émettra de 7 heures à 1 heure du matin, à partir des studios de la citadelle de Port-Louis (56). Elle diffusera en moyenne cinq à six heures de programmes frais par jour entre 17 h 30 et 22 h 30, plus une demi-heure de programmes en fin de matinée pour les préscolaires.

Au programme également : des dessins animés doublés en breton, une heure de musique celtique, deux débats de vingt cinq minutes. La chaîne n'entend diffuser des cours de breton qu'un an après son lancement. Dans un premier temps, des petits spots de trente secondes illustreront des mots bretons sur un mode ludique. A terme, la chaîne ambitionne de programmer au moins un film par semaine doublé en breton, mais au démarrage il faudra se contenter d'un seul par mois.

TV Breizh n'a pas l'intention de jouer la carte de l'information, au contraire des chaînes régionales en cours d'implantation par Canal Plus. N'empêche, l'arrivée de TV Breizh ne va pas sans inquiéter la presse régionale qui voit là un prédateur alléché par le gâteau publicitaire régional que constitue la grande distribution. Aujourd'hui, l'Etat français interdit aux grandes enseignes de faire de la publicité sur les écrans TV, mais, sous la pression du parlement européen, la donne pourrait changer. Quant aux élus et militants, ils attendent de voir pour juger la tonalité politique de la future chaîne privée. La plupart plaident pour un droit d'expérimentation trop heureux de l'imminence d'un nouveau territoire d'expression.