Avril 2000

Le 17 avril 2000 :
Dynamique culturelle bretonne : les éditeurs en langue bretonne

Le 17 avril 2000 :
Ouverture de la chaîne TV Breizh : la gratuité au service de 4 millions de Bretons

Le 17 avril 2000 :
Bel avenir pour l'emploi en Bretagne : plus de 4.500 postes à pourvoir en 2000

 Le 03 avril 2000 :
Blessures, risque d'amputation : Jo Le Guen abandonne sa traversée


 

Blessures surinfectées, risque d'amputation :
Jo Le Guen abandonne la traversée du Pacifique

Le jeudi 30 mars, Jo Le Guen écrivait dans son carnet de bord : « Pour la première fois depuis longtemps, je n'ai pas souffert des pieds aujourd'hui. Je sens mes pieds et ce n'est pas douloureux : je rends grâce à je ne sais pas qui, mais ça fait vraiment du bien ! »

« Je profite de cette incroyable opportunité, du privilège inouï que j'ai de faire cette traversée, quant à moi et quant à ma vie. Je manque malheureusement de recul pour pleinement apprécier ça comme je le devrais. Je suis trop « le nez dedans », trop préoccupé à vouloir finir une journée pour qu'il y en ait une suivante. Mais je sais où je suis en permanence. Depuis 55 jours je ne me sens pas chez moi, mais je me sens avec eux : le ciel, les vagues et le vent. Je profite de la chance de voir ce vent, ce ciel, dans des endroits où quelques uns seulement sont venus déambuler, des endroits chargés d'histoire, de quatre-mâts à la découverte du monde... et moi, dans mon petit bateau à rames ! »

« Je profite d'un contact inouï avec la planète, avec cette puissance, cette magie. Ici il n'y a pas un sac poubelle, je n'ai pas vu de pollution depuis le départ. Quand on est devant cette immensité, on se dit que nous, petits bonshommes, on va être balayés et oubliés quand la mer, elle, reste éternelle. Si nous, parcelles de vie, nous ne sommes pas capables de vivre avec la terre, et bien la terre vivra sans nous, sans problème. »

Mais le 2 avril 2000 à 22 heures (heure française), Jo Le Guen a mis un terme à sa traversée du Pacifique Sud en solitaire. Par 48°07'S et 143°58'W, alors qu'il allait entamer la seconde moitié du parcours, Jo Le Guen a déclenché sa balise Argos afin de se faire mieux repérer par le cargo Palliser Bay qui s'était déjà dérouté pour lui apporter des médicaments. Le rameur souffrait depuis plusieurs semaines de graves blessures aux pieds que l'eau, le sel, le froid et les conditions épouvantables d'existence à bord de son canot de 8 m 90, keepitblue.net, n'ont fait qu'aggraver.

Lors d'une consultation médicale par téléphone, dans la journée du dimanche 2 avril, le docteur René Paule, chirurgien au CHU de Brest, a déclaré à Jo Le Guen : « En raison des plaies surinfectées, associées à une insuffisance artéro-veineuse, ce serait une folie de ne pas embarquer à bord du Palliser Bay. Car il y a désormais le spectre de séquelles irrémédiables voire d'amputation. » Le rameur solitaire parvenait jusque là à contenir les douleurs en trempant ses pieds dans l'eau glacée. Remède sans rapport avec le diagnostic du chirurgien : œdème des deux pieds étendu jusqu'à mi-mollet associé à des plaies chroniques surinfectées.

Le Dr René Paule ayant confirmé que les médicaments apportés par le Palliser Bay ne pouvaient en aucun cas enrayer la perspective de nécrose de ses membres inférieurs, Jo Le Guen a choisi de se conformer à l'avis du médecin. « Sans avoir vu les jambes, il est clair que Jo est très mal en point. La situation n'est pas tenable à ce moment du parcours. Il reste trop de route à faire : Jo risque l'infection généralisée de sa jambe. »

Après avoir récupéré certains matériels à bord de keepitblue.net, et malgré d'extrêmes difficultés éprouvées pour se déplacer, il a pu embarquer à bord du Palliser Bay. Le capitaine a aussitôt demandé une assistance médicale.

Extrait du site keepitblue.net     

Visiter le site de Jo Le Guen, Keep it blue