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Blessures
surinfectées, risque d'amputation
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Jo Le Guen abandonne la traversée du Pacifique
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Le
jeudi 30 mars, Jo Le Guen écrivait dans son carnet de bord :
« Pour la première fois depuis longtemps, je n'ai
pas souffert des pieds aujourd'hui. Je sens mes pieds et ce
n'est pas douloureux : je rends grâce à je ne sais pas
qui, mais ça fait vraiment du bien ! »
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« Je
profite de cette incroyable opportunité, du privilège inouï que j'ai
de faire cette traversée, quant à moi et quant à ma vie. Je manque
malheureusement de recul pour pleinement apprécier ça comme je le
devrais. Je suis trop « le nez dedans », trop
préoccupé à vouloir finir une journée pour qu'il y en ait une suivante.
Mais je sais où je suis en permanence. Depuis 55 jours je ne me sens
pas chez moi, mais je me sens avec eux : le ciel, les vagues
et le vent. Je profite de la chance de voir ce vent, ce ciel, dans
des endroits où quelques uns seulement sont venus déambuler, des endroits
chargés d'histoire, de quatre-mâts à la découverte du monde... et
moi, dans mon petit bateau à rames ! »
« Je
profite d'un contact inouï avec la planète, avec cette puissance,
cette magie. Ici il n'y a pas un sac poubelle, je n'ai pas vu de pollution
depuis le départ. Quand on est devant cette immensité, on se dit que
nous, petits bonshommes, on va être balayés et oubliés quand la mer,
elle, reste éternelle. Si nous, parcelles de vie, nous ne sommes pas
capables de vivre avec la terre, et bien la terre vivra sans nous,
sans problème. »
Mais
le 2 avril 2000 à 22 heures (heure française), Jo Le Guen a mis un
terme à sa traversée du Pacifique Sud en solitaire. Par 48°07'S et
143°58'W, alors qu'il allait entamer la seconde moitié du parcours,
Jo Le Guen a déclenché sa balise Argos afin de se faire mieux repérer
par le cargo Palliser Bay qui s'était déjà dérouté pour lui
apporter des médicaments. Le rameur souffrait depuis plusieurs semaines
de graves blessures aux pieds que l'eau, le sel, le froid et les conditions
épouvantables d'existence à bord de son canot de 8 m 90,
keepitblue.net, n'ont fait qu'aggraver.
Lors
d'une consultation médicale par téléphone, dans la journée du dimanche
2 avril, le docteur René Paule, chirurgien au CHU de Brest, a déclaré
à Jo Le Guen : « En raison des plaies surinfectées,
associées à une insuffisance artéro-veineuse, ce serait une folie
de ne pas embarquer à bord du Palliser Bay. Car il y a désormais
le spectre de séquelles irrémédiables voire d'amputation. »
Le rameur solitaire parvenait jusque là à contenir les douleurs en
trempant ses pieds dans l'eau glacée. Remède sans rapport avec le
diagnostic du chirurgien : œdème des deux pieds étendu jusqu'à
mi-mollet associé à des plaies chroniques surinfectées.
Le
Dr René Paule ayant confirmé que les médicaments apportés par
le Palliser Bay ne pouvaient en aucun cas enrayer la perspective
de nécrose de ses membres inférieurs, Jo Le Guen a choisi de se conformer
à l'avis du médecin. « Sans avoir vu les jambes, il est
clair que Jo est très mal en point. La situation n'est pas tenable
à ce moment du parcours. Il reste trop de route à faire : Jo
risque l'infection généralisée de sa jambe. »
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Après
avoir récupéré certains matériels à bord de keepitblue.net,
et malgré d'extrêmes difficultés éprouvées pour se déplacer,
il a pu embarquer à bord du Palliser Bay. Le capitaine
a aussitôt demandé une assistance médicale.
Extrait
du site keepitblue.net
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le site de Jo Le Guen, Keep it blue