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Naufrage
de l'Érika
:
Une fois de plus, marée noire en vue
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Tout
commence le dimanche 12 décembre à 6 h, quand
le CROSS Etel reçoit un appel de détresse du
tanker Erika, lui demandant l'évacuation
urgente des 26 hommes d'équipage. Vide de ses occupants,
le pétrolier se casse en deux au large de Penmarc'h
à peine deux heures plus tard.
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La poupe du navire, remorquée vers le large
par l'Abeille Flandre, finit par sombrer
à 120 mètres de fond, ses cuves encore
pleines d'or noir. C'est donc désormais une
nappe de 10 000 tonnes de pétrole brut
qui dérive vers le sud-est à 120 km
des côtes. La surface de pollution s'étend
quant à elle sur 25 km, et passe à 40
km de Belle-Ile mardi.
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Depuis
une semaine, les conditions atmosphériques rendent
très difficile les opérations de pompage.
Et la grande viscosité du produit n'est pas
pour arranger les choses : les tuyaux se bouchent rapidement.
De nouvelles pompes plus performantes sont alors dépêchées
sur les lieux, mais la météo freine à
nouveau leur mise en uvre. Samedi dernier, la nappe
dérivait encore à 60 km de l'Ile d'Yeu et à
85 km de Belle-Ile.
Une fois de plus, c'est donc la Bretagne qui risque
de payer les frais d'une politique de restrictions budgétaires
des compagnies pétrolières. Car l'Erika,
âgé de 15 ans, était dépourvu de
la double coque obligatoire depuis 1993. Les contrôles
de sécurité récemment effectués
sur le tanker n'avaient rien signalé de particulier.
Mais aujourd'hui, on est en droit de douter de la fiabilité
de ces contrôles.
Les premiers oiseaux mazoutés ont été
récupérés mercredi non loin de Lesconil.
L'Erika n'est qu'un accident parmi d'autres :
il y en aura encore, tant que la Bretagne ne s'insurgera pas
contre ces manquements à la sécurité.
Nicolas
Gonidec
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