Décembre 1999

Le 27 décembre 1999 :
Tempête et pétrole : un Noël en noir pour la Bretagne

Le 20 décembre 1999 :
Naufrage de l'Érika : une fois de plus, marée noire en vue

 Le 13 décembre 1999 :
Affaire « Kawrantin » : le Breton serait-il barbare ?


 

Affaire « Kawrantin » :
Le Breton serait-il barbare ?

Depuis 1993, le choix du prénom donné par ses parents à un nouveau-né est libre. L'officier d'état-civil est tenu de l'inscrire. Mais, si le prénom lui semble contraire à l'intérêt de l'enfant, il doit alerter le Procureur de la République, qui peut lui-même saisir le juge aux affaires familiales. Cette disposition est sage : par le choix du prénom, les parents engagent la vie de leur enfant.

En l'occurrence, le petit Kawrantin, né de parents bretons en Nouvelle-Calédonie, s'est vu refuser son prénom, et l'affaire s'est donc retrouvée devant le juge, suivant la procédure légale. Pour argumenter en leur faveur, les parents ont présenté le livre de Gilles du Pontavice, Prénoms en Bretagne, où se trouve largement commenté ce prénom assez répandu en Bretagne, et cité dans cette orthographe, qui, si elle n'est pas la plus orthodoxe, semble validée par le Favereau. Et le juge a accepté Kawrentin comme étant un prénom traditionnel breton.

Mais cette affaire a pris un tour très particulier : le Procureur de la république de Nouméa a fait appel de la décision du juge. Le magistrat justifie son appel par le fait qu'il ne saurait accepter pour l'enfant un prénom « à consonance barbare ». Quand on sait que Corentin / Kaourantin / Kawrantin est le saint patron de Quimper et de la Cornouaille, on peut rester pantois devant cette affirmation ! De là à soupçonner qu'une influence politique, liée au climat qui règne en Nouvelle-Calédonie, est à l'origine de cette décision, il n'y a qu'un pas.

Les parents ne sont pas riches : s'ils ne veulent pas céder sur le prénom de leur enfant, ils peuvent être forcés de céder devant les frais de justice. La famille a contacté Gilles du Pontavice, qui va lui fournir la fiche d'état-civil d'un enfant enregistré sous le nom de Kawrantin. Une preuve s'il en faut que ce doux prénom existe et qu'il est porté par un petit enfant qui n'est pas un barbare !

Toute aide à ces parents de Nouvelle-Calédonie serait la bienvenue. Vous pouvez écrire à madame Chantal LOREILLE, Kerhon, 56110 ROUDOUALLEC, qui est la grand-mère, des lettres de soutien. Vous pouvez aussi envoyer par e-mail ou courrier un mot de soutien à Gilles du Pontavice, qui sera joint au dossier.

Tant de bretons ont lutté pour donner à leurs enfants des prénoms bretons, contre l'état-civil, alors que celui-ci ne faisait aucun problème pour accepter toutes sortes de prénoms français ou étrangers. Ceux-là, qu'ils nous aident !


Envoyer un mail à Gilles du Pontavice