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Affaire
« Kawrantin » :
Le Breton serait-il barbare ?
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Depuis
1993, le choix du prénom donné par ses parents à un nouveau-né
est libre. L'officier d'état-civil est tenu de l'inscrire. Mais,
si le prénom lui semble contraire à l'intérêt de l'enfant,
il doit alerter le Procureur de la République, qui peut lui-même
saisir le juge aux affaires familiales. Cette disposition est
sage : par le choix du prénom, les parents engagent la vie de
leur enfant.
En l'occurrence, le petit Kawrantin, né de parents
bretons en Nouvelle-Calédonie, s'est vu refuser son prénom,
et l'affaire s'est donc retrouvée devant le juge, suivant
la procédure légale. Pour argumenter en leur faveur, les parents
ont présenté le livre de Gilles du Pontavice, Prénoms
en Bretagne, où se trouve largement commenté ce prénom
assez répandu en Bretagne, et cité dans cette orthographe,
qui, si elle n'est pas la plus orthodoxe, semble validée par
le Favereau. Et le juge a accepté Kawrentin comme étant un
prénom traditionnel breton.
Mais cette affaire a pris un tour très particulier : le Procureur
de la république de Nouméa a fait appel de la décision
du juge. Le magistrat justifie son appel par le fait qu'il ne
saurait accepter pour l'enfant un prénom « à consonance
barbare ». Quand on sait que Corentin /
Kaourantin / Kawrantin est le saint patron de Quimper et
de la Cornouaille, on peut rester pantois devant cette affirmation
! De là à soupçonner qu'une influence politique, liée au climat
qui règne en Nouvelle-Calédonie, est à l'origine de cette décision,
il n'y a qu'un pas.
Les parents ne sont pas riches : s'ils ne veulent pas céder
sur le prénom de leur enfant, ils peuvent être forcés de céder
devant les frais de justice. La famille a contacté Gilles du
Pontavice, qui va lui fournir la fiche d'état-civil d'un enfant
enregistré sous le nom de Kawrantin. Une preuve s'il
en faut que ce doux prénom existe et qu'il est porté par un
petit enfant qui n'est pas un barbare !
Toute aide à ces parents de Nouvelle-Calédonie serait
la bienvenue. Vous pouvez écrire à madame Chantal LOREILLE,
Kerhon, 56110 ROUDOUALLEC, qui est la grand-mère, des lettres
de soutien. Vous pouvez aussi envoyer par e-mail ou courrier
un mot de soutien à Gilles du Pontavice, qui sera joint au dossier.
Tant de bretons ont lutté pour donner à leurs enfants des prénoms
bretons, contre l'état-civil, alors que celui-ci ne faisait
aucun problème pour accepter toutes sortes de prénoms français
ou étrangers. Ceux-là, qu'ils nous aident !
Envoyer un
mail à Gilles du Pontavice
